Tout a commencé quand j’ai viré le lit de Fils Aîné pour le remplacer par un matelas à même le sol, puis son père lui a confectionné une très jolie, grande et énorme caisse en bois (enfin assez grande pour y mettre son matelas) en guise de lit (genre lit bateau mais sans pieds).

Ensuite, je passais mes journées à jouer avec lui, enfin surtout quand il le demandait et il le demandait souvent, je l’ai laissé jouer pendant des heures avec l’eau du robinet, il avait son riz à lui, ses graines, il jouait par terre dans la cuisine avec les cuillères en bois, le panier à salade, la passoire pendant que je préparais les repas. Puis sur son tabouret, il m’a aidé à confectionner les dits repas.

Tout était à sa hauteur, la maison spécialement adaptée à lui, je ne lui ai jamais demandé de s’adapter à mon environnement d’adulte : les bibelots dans les cartons !

Pas de parc mais des plaques de caoutchouc par terre (j’avais la chance d’avoir une copine qui travaillait dans une usine de claquettes, de tongs si vous préférez), ses repas sur la table basse du salon dès qu’il a pu se tenir assis seul, meubles, étagères et tiroirs à sa hauteur.

On s’amusait à tout ranger par couleurs, par formes, par thèmes, etc…

Et il y avait des livres partout qu’il dévorait dans les 2 sens du terme, surtout vers 1 an. Son premier livre de chevet fut un dictionnaire pour enfant et il adorait entendre le mot hélicoptère.

A 2 ans il coupait sa viande seul et mangeait comme un grand (mieux même). Faut dire qu’il s’était entraîné dans sa chaise haute sous laquelle je mettais du papier journal et dans lequel je l’installais en couche ! Plus facile à nettoyer ensuite et le sol et Fils Aîné ;-).

Alors quand le second est arrivé 16 ans plus tard, et que la méthode avait fort bien marché avec le premier, qui m’en remercie encore (« Maman j’ai toujours adoré qu’enfant, et du plus loin que je me souvienne, tu ne m’aies jamais pris pour débile comme les autres adultes »), je reprenais instinctivement les mêmes formules d’accompagnement, à quelques exceptions près parce qu’ils ont des caractères différents : cododo pour Loulou alors que Fils Aîné avait toujours dormi seul ; plus de temps avec Loulou dans le jeu « je range, je trie » grand fan, alors que Fils Aîné préférait (déjà les livres, moins de temps de lecture avec Loulou (c’est seulement maintenant qu’il va avoir 7 ans qu’il accroche), beaucoup de musique pour Fils Aîné, Loulou aime le silence, Loulou mange du bout des doigts depuis toujours, Fils Aîné est gourmand/gourmet comme il aime à le dire.

Voilà des différences de caractère mais une même méthode appliquée instinctivement.

La plus grande différence dans l’accompagnement (et je dis bien accompagnement et non éducation) de mes enfants c’est l’école : Fils Aîné y est allé à son grand désespoir (à l’époque, puisqu’aujourd’hui il prépare l’agreg) et au mien ; pour Loulou j’ai choisi l’instruction en famille, pour sa plus grande joie.

Ce n’est pas aussi facile que cela de faire l’école à la maison. Oh ! Entendons-nous bien, pour Loulou et moi, tout est clair, limpide, simple : il apprend au fur et à mesure de ses besoins, de son discernement et tout est bien ainsi. Il profite pour l’instant de son enfance tout en s’intéressant à ce qu’il se passe autour de lui. Non ce qui n’est pas simple c’est de prouver aux autres et surtout à l’administration que vous êtes capable de le faire, même si vous pensez, et à juste titre, qu’il n’y a que vous, son parent, qui pouvait le mieux l’aider à grandir.

Alors pour prouver que je suis capable, je suis allée à la découverte des pédagogies existantes (alors que pour moi seule une pédagogie est valable, celle de Mary Poppins. Ceux qui la connaissent, me comprendront). Ma bibliothèque regorge aujourd’hui de livres sur la pédagogie, je suis abonnée à plusieurs magazines de pédagogie, j’ai découvert mille et un blogs sur la pédagogie, mille et un sites internet sur la pédagogie. Oui, oui autant car comme je vis en Australie, j’ai accès à l’anglais et au français. Ce qui n’a pas suffit ni aux autres ni à l’administration. Alors pour avoir décidément la paix, j’ai suivi une formation pour valider mes connaissances (même si cela me gave un peu, faut bien faire avec le système).

Et j’ai adoré ! Et j’ai surtout adoré rencontrer Maria Montessori.

Et là, à ma grande surprise, je me suis rendue compte que je faisais tout comme elle dit 😉 ! Et depuis 23 ans ! Presque, je me suis prise pour sa réincarnation… Pour vous dire.

J’étais donc Montessorienne sans le savoir….

 

Source : article publié le 12 mars 2014 sur L’écolerie©.