• Maman, je te remercie de me parler normalement, pas comme le font les autres grandes personnes.
  • C’est-à-dire ?
  • Eh bien ! Tu ne me prends pas pour un imbécile et tu me parles comme si nous étions égaux. Tu m’écoutes et tu me crois.

Combien de fois Fils Aîné m’a dit cela au cours de son enfance (ben oui l’est grand maintenant, vraiment très grand avec un appartement bien à lui et tout et tout !).

Enfant, j’ai souvent été moi-même étonnée avec quelle commisération les adultes s’adressaient à moi. Parfois hautains, souvent méprisants, me considérant (ainsi que mes compères) comme quantité négligeable.

Nous ne pouvions avoir de sentiments, d’émotions : un enfant ça se doit d’être heureux !

Pas la possibilité de s’exprimer : un enfant ça se tait !

Pas le droit d’avoir froid, chaud, d’être fatigué, de s’ennuyer, d’avoir faim…. C’est Maman qui décide ou la maîtresse ou tout autre adulte.

Et surtout que c’est bête : faut remplir ce qu’ils ont entre les 2 oreilles. C’est vide là-dedans ! Bourrons ça de connaissances. (Vous avez remarqué le « ça » vous aussi ?)

Je passe sur : les enfants sont vicieux, méchants de nature, juste là pour nous embêter (nous les adultes, parents,…), font exprès de nous pourrir la vie, nous testent sans cesse (surtout entre 1 jour et 20 ans), etc….

Eh bien ! Je suis toujours étonnée de constater, d’entendre les mêmes choses plus de 40 ans après !

Et pourtant tout est là… De bien plus grands que nous, et avant nous, ont pris le temps d’étudier, d’observer le développement de l’être humain, de le noter, d’en faire de merveilleuses pédagogies, guides, etc…. pour nous épauler. Nous sommes la civilisation de la lecture et nous ne lisons pas, ne sommes pas curieux de savoir.

Nous avons pourtant souffert enfant de toutes ces injustices !

L’enfant est un être humain comme les autres.

Nous sommes de plus en plus d’accord avec le fait que nous ne n’en sommes pas à notre première vie. Il en est de même pour ceux que nous appelons enfants !

Soyons conscients que nombre d’enfants ont emmagasiné bien plus de connaissances en bien plus de vie que leurs parents ! Et ses connaissances, ses expériences sont l’essence même des êtres humains.

En redevenant enfant, nous devons réapprendre, parfois apprendre, à être « être humain » et le processus est long mais identique pour chacun d’entre nous.

Ne méprisons pas les enfants d’aujourd’hui, car nous sommes les enfants d’hier.

 

Claudia Rizet-Blancher