Changer de vie, totalement, faire autrement parce que l’on sent bien que le décalage entre ce que l’on ressent est à l’opposé de ce que l’on vit. On sent bien qu’il faut prendre une décision, que l’élan est là, prêt à nous propulser, qu’il faut commencer quelque part mais on ne sait pas comment : le conjoint, les enfants, le confort de l’habitude, la bonne morale, la famille, la peur, le manque d’argent, le travail, etc…. Tout et tous nous freinent dans cet élan, sans le vouloir d’ailleurs.

Et parfois, il suffit d’un accident : maladie, perte d’un job, mort d’un proche, un divorce et nous voilà propulsés sur un autre chemin. Et c’est bien dommage d’en arriver là, d’arriver à ce point de rupture pour être, vivre son chemin de vie.

L’exemple de Mélody Gardot est pour moi un de ces plus extraordinaires exemples d’accident : à 19 ans, elle fut fauchée par une voiture alors qu’elle se destinait plus à la peinture qu’à la musique car elle n’arrivait pas « à percer ». Son médecin traitant lui propose la musicothérapie pour accompagner sa guérison. C’est couchée, à l’hôpital, qu’elle écrivit ses premières chansons. Elle est aujourd’hui la star que l’on connaît.

Nous avons connu notre accident aussi. Perte de travail. Un véritable tsunami ! Je peux vous assurer que notre vie est aujourd’hui totalement à l’opposé de ce que nous vivions, étions. C’est comme si la Vie nous avait poussé dans le dos ! Nous avions tant d’hésitations, de peurs, de doutes : pas assez d’argent, pas le temps, et les enfants, et la famille, et les amis ?

Et puis un jour, plus possible de faire autrement. Oh ce ne fut pas simple loin de là, cela a pris du temps mais nous y sommes arrivés.

Ce que j’ai le plus aimé au cours de cette période est d’avoir réussi à puiser dans mes ressources, à donner l’exemple à mes enfants, Monsieur Mari et j’ai pu, moi qui en doutais tant, prendre conscience à quel point mes valeurs étaient belles, bien ancrées.

Nous avons fait partie de ces familles qui touchent le RSA et même moins, nous avons fait partie de ces familles qui  reçoivent un panier par mois des restos du coeur ou du secours catholique. Cela a duré moins de 2 ans mais suffisamment de temps pour prendre conscience, nous qui étions plus habitués aux hôtels 4 étoiles, que l’argent, le paraître ne sont pas une fin en soi, il nous a fallu ce temps pour prendre conscience à quel point nous étions superficiels, prétentieux, hautains.

Grâce à cette période, qui m’apparaît bénie aujourd’hui, nous avons pris conscience de la valeur du beau, de la valeur de la culture, de la valeur de la propreté, de la valeur du travail bien fait, de la valeur de l’environnement, etc…

Au cours de cette période, nous avons repris le goût des visites culturelles, des rencontres, des moments simples et partagés en famille, de la bonne cuisine, des bons livres, de la musique, des voyages.

Nous avons vécu cette période avec beaucoup de dignité, d’amour et d’humilité et peu, très peu autour de nous, n’ont su et ne savent encore aujourd’hui que nous vivions en dessous du seuil de pauvreté.

Au cours de cette période,  j’ai à plusieurs reprises étonné mon mari quant à ma capacité à cuisiner avec si peu et tenir notre foyer harmonieusement, j’ai avec fierté vu Fils Aîné réussir son bac avec mention bien et sa classe prépa avec mention très bien, j’ai observé Monsieur Mari faire son bilan professionnel, devenir, s’entraîner à être l’homme qu’il est aujourd’hui, j’ai continué à soutenir, accompagner Loulou dans sa maladie, j’ai aimé prendre confiance en moi en écrivant et rencontré, rencontré tellement de nouveaux visages qui nous ont accompagné, soutenu sans même le savoir.

Ce changement de vie nous permet de vivre aujourd’hui comme nous le rêvions. Parfois, je me mets à me dire que nous avons de vraies vies de rock star 😉 Je ne me suis d’ailleurs jamais sentie aussi proche de Dieu, ancrée, en harmonie.

Ce changement consiste tout simplement à vivre consciemment et de façon responsable, à vivre comme, finalement, tout le monde en rêve : vivre libre de peurs et d’angoisses.

Vous prenez un peu de ce que vous trouvez dans Marie-Claire Idées, Kaizen Magazine, le Grand Nettoyage, les carnets de Julie, les Amanins, vous secouez le tout et vous avez un aperçu de notre quotidien.

On peut très bien vivre autrement aujourd’hui, en toute conscience, sans être pour autant hippy, allumé, sur orbite, drogué, dans une secte, New Age et que sais-je encore et pas obligé non plus d’avoir 2 voitures, 3 maisons, un amant, une maîtresse, des placards pleins, … Nous sommes d’ailleurs souvent étonnés, Monsieur Mari et moi, de prendre conscience qu’en ayant pratiquement retrouvé les mêmes revenus, nous vivons 10 fois mieux qu’avant notre accident de vie. Comme quoi la richesse est bien ailleurs.

Ce qui est important également est que chacun choisisse de vivre comme il le souhaite, comme il l’entend, comme il peut, que chacun choisisse d’avancer sans critiquer, juger les façons de vivre qui sont différentes de la sienne, non ?