OLYMPUS DIGITAL CAMERAJ’ai eu la chance de grandir auprès de grands-parents vivant leur retraite à la campagne, j’ai eu la chance d’avoir un grand-père né paysan même si ensuite il a passé la plus grande partie de sa vie à Paris.

J’ai eu la chance de manger les fraises sur le fraisier, d’admirer pendant des heures les poules pondre (et d’apprendre qu’elles n’aiment pas ça…), de cueillir la camomille et le tilleul et de le faire sécher, j’ai eu la chance de râler quand il fallait nettoyer les haricots, j’ai eu la chance de trouver normal qu’il y ait plus de 50 cm de neige à Pâques, j’ai eu la chance de cueillir les myrtilles dans la montagne. J’ai eu la chance d’apprendre que « la vache on l’a traie parce qu’elle produit trop de lait, que même son petit il peut pas tout boire parce que le lait c’est pour le veau sinon. » J’ai eu la chance d’avoir un grand-père qui n’aimait pas manger les animaux, même si Mémé le forçait parce qu’elle disait que c’était bon pour la santé, et que malgré cela il pleurait comme un enfant quand il fallait tuer le poulet. J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère qui chantait et riait tout le temps avec son 1/4 de poumon comme elle disait et qui m’a offert le livre de Rika Zaraï grâce à qui j’ai fait mes premiers soins de beauté naturels (c’était en 1980 !), j’ai eu la chance d’avoir hérité de sa faculté à aimer la vie malgré tout.. J’ai eu la chance d’avoir une mère qui m’a appris à être autodidacte en me disant que si je ne savais pas je trouverais la réponse à la bibliothèque. J’ai eu la chance d’avoir un père qui m’a fait regardé The Wall des Pink Floyd en me disant de bien réfléchir au message transmis.J’ai eu beaucoup de chance…

Grâce à cette enfance, j’ai la capacité de voir le verre. Je m’explique : certains voient le verre à moitié vide, d’autres à moitié plein. J’estime que le verre a le mérite d’exister et rien que pour cela respect.

Alors je m’en sers de ce verre et je fais, je fais du mieux que je peux avec tout ce que l’on m’a légué et appris et lorsque je rencontre à travers ses livres, ses conférences, via l’association Colibris, Pierre Rabhi, je prends la mesure de tout mon héritage.

Et puis au fur et à mesure de mon engagement citoyen dans la nouvelle humanité, je découvre que nous sommes des milliers à faire de notre mieux, à faire tout simplement.

Et d’autres s’en rendent compte et témoignent alors. Si seulement nos dirigeants au cours de la COP 21 qui se tiendra le mois prochain acceptaient de le constater et prenaient exemple.

Pour en savoir plus : Demain le film

 

article déjà publié en octobre 2015 et en juillet 2014.