Ce sont les choix de toute une vie que je peux enfin réaliser en faisant l’école à la maison et je me sens privilégiée, mon enfant également.

C’est à sa demande que je fais désormais l’école à la maison. Mon fils aîné le souhaitait aussi mais maman célibataire il m’a été difficile d’accéder alors à sa demande.

Nombre de mes amis et membres de ma famille sont enseignants, je suis une ancienne enseignante, mon fils aîné se destinent à l’enseignement. Une vraie profession de foi dans mon entourage. Certains me soutiennent et m’accompagnent dans ce choix.

En tant qu’enseignante, j’avais constaté qu’un programme spécifique ne pouvait s’adapter à des enfants différents.

Chaque enfant à son propre rythme, ses propres intérêts tout comme il a son propre caractère.

Déjà pour mon fils aîné, qui a maintenant 25 ans et qui suit des études pour devenir lui-même enseignant, j’avais constaté que son rythme ne coïncidait pas avec le rythme scolaire établi : les horaires, les durées d’apprentissage, les matières enseignées, etc… Fils Aîné s’est toujours ennuyé à l’école et apprenait bien plus à la maison avec moi même si nous ne nous voyions que quelques heures par jour. Aujourd’hui encore, les enseignants ont du mal à le suivre tant sa soif d’apprendre est grande et dépasse le cadre du programme établi et arrêté.

J’ai tenté de mettre Loulou dans le circuit scolaire traditionnel. Habitué à voyager depuis sa naissance, c’est un enfant très éveillé, équilibré, heureux et qui s’est toujours senti libre d’être lui-même.

L’école fut pour lui un vrai choc où il n’appris qu’une chose : interdit d’être soi-même. Le traumatisme fut long à guérir.

Je travaille aujourd’hui à la maison (écrivain libre, blogueuse et accompagnatrice/facilitatrice) et j’ai donc le temps d’accompagner Loulou. J’ai choisi, nous avons choisi avec Monsieur Mari, de gagner moins d’argent en n’ayant qu’un seul salaire fixe.

Je me suis préparée à l’accompagner en suivant une formation Montessori, en apprenant la communication bienveillante avec Faber & Mazlish. Et puis j’ai découvert et adopté John Holt (Auteur et éducateur américain, partisan de l’école à la maison), André Stern, Jean-Pierre Lepri et bien d’autres.

J’avais d’abord choisi d’accompagner Loulou au quotidien dans son apprentissage naturel et lui offre des activités extra-scolaires comme la peinture, la natation, le yoga, le tennis. Il est également passionné de photographies, de films d’animation, de jeux vidéos. Afin de m’accompagner, j’avais créé un blog « L’écolerie© » dans lequel j’ai regroupé, pendant un an, tout ce et ceux qui m’inspirent dans l’accompagnement de Loulou. Ce blog était étoffé par Loulou lui-même. Il a y ajouté ses peintures, ses photographies, ses découvertes, ses créations, etc… Aujourd’hui, nous avons ajouté à tout cela les cours du CNED et tous les jours une étude accompagnée en groupe (Que j’anime). Loulou a 9 ans aujourd’hui, souhaite devenir webmaster. Il aura peut-être un jour à intégrer un collège, un lycée. Nous voudrions qu’il est le choix et qu’il soit prêt.

Je crois sincèrement, de part mon expérience d’enfant, d’adulte et d’enseignante, que tout se joue avant 7 ans. Jusqu’à 6 ans, l’enfant découvre son propre monde et comment y vivre. Ce monde se résume à sa maison, sa famille, son quartier, sa ville et cela lui paraît déjà bien assez vaste (On a tous ce souvenir d’un jardin immense enfant et qui nous paraît riquiqui à l’âge adulte). Toutefois l’âge de raison est bien à 7 ans, c’est bien l’âge à partir duquel l’enfant peut enfin se servir de toutes ses motricités pour apprendre et découvrir le Monde autour de lui et comprendre à quel point ce monde là est encore plus vaste et riche. Il prendra conscience en temps et en heure également, à cet âge-là, de ce qu’il souhaite réaliser personnellement.

Aujourd’hui encore, Loulou continue d’apprendre par lui-même à la maison avec la télé, les jouets et jeux, l’informatique, la ville avec ses bibliothèques et musées, ses rencontres, etc… Prends conscience qu’il a besoin de nombreux outils pour continuer comme la lecture, l’écriture, les mathématiques, les sciences, … Et si vous le voyiez découvrir/apprendre : un véritable investigateur ! Tant que le sujet n’est pas su et connu, il ne le lâche pas. Difficile de faire cela dans le système scolaire traditionnel à la française. Notre façon de vivre aussi qui nous amènent à voyager très souvent est également une source d’inspiration très forte dans son apprentissage. Il a des copains, des activités sportives, voit ses cousins toutes les semaines. Il est plus calme, plus sûr de lui que ses congénères et le remarque très souvent.

J’ai toujours vécu mon rôle de maman comme un vrai chemin spirituel : avec mes enfants, j’apprends notamment le don de soi, l’humilité, la patience, je sais me remettre en question régulièrement. Bref, je grandis avec mes enfants et pour cela je les remercie régulièrement. L’instruction en famille m’a permis de prendre conscience à quel point il était important et primordial pour les parents d’être totalement responsables de l’accompagnement de leurs enfants.

 

Claudia Rizet-Blancher