Voilà une question que l’on me pose beaucoup en ce moment : doit-on parler des attentats aux enfants ?

Je vais faire une réponse de normand : p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non.

Sincèrement, cela dépend de votre point de vue sur l’enfance.

Si vous faites partie de ces parents qui pensent que les enfants doivent apprendre dans la douleur, si votre adage est « La vie est une jungle, c’est la loi du plus fort qui prime ». Il est évident que vous en parlerez.

Vous faites peut-être partie de ces parents qui ne sont pas convaincus que l’on doit tout dire aux enfants, à l’instar de nos grands-parents, nos parents. Avant on ne racontait pas tout aux enfants.

J’ai choisi de laisser la télé allumée. Loulou ne s’est même pas intéressé aux images, bien trop occupé par sa vie, ses occupations habituelles. J’ai choisi de pleurer devant lui, d’en parler avec Monsieur Mari sans me cacher. Loulou a entendu bien sûr. Il n’y a pas attaché plus d’importance que cela bien trop occupé par sa vie, ses occupations habituelles. J’ai choisi de lui expliquer la minute de silence, j’ai choisi de lui dire en 2 phrases ce qu’il s’était passé sans y ajouter mes émotions, de la façon la plus neutre possible. Je lui ai demandé s’il souhaitait en parler, il a répondu non et je respecte. Il a autre chose à faire, notamment il prépare sa liste de Noël.

Et vous savez quoi, il a bien raison.

Je n’ai jamais tout raconté à mes enfants. J’ai raconté seulement lorsqu’ils demandaient et je continuerais à le faire. Les rares fois où j’ai décidé de leur raconter alors qu’ils n’en avaient pas envie, ils n’ont pas aimé.

Un de mes frères a passé les 17 premières années de sa vie à proclamer : « Je veux profiter de mon enfance ! » et il avait bien raison.

A l’instar du héros de la Vie est belle, je crois, aujourd’hui, qu’il ne faut pas tuer l’âme de nos enfants.

Ne vous inquiétez, s’ils souhaitent savoir, ils vous demanderont. N’en dites pas trop. S’ils ne posent pas de questions, ne vous inquiétez pas. Cela ne veut pas dire qu’ils sont égoïstes ou qu’ils n’éprouvent pas de compassion : ils sont tout simplement bien trop occupés par leur quotidien.

Une chose est certaine : c’est à vous et vos enfants de choisir, ensemble, à personne d’autre.