Bonjour. Mademoiselle c’est un peu facile comme pseudo, non ? Tout le monde s’en sert aujourd’hui. Alors copier/coller ?
Bonjour. Non, pas du tout. En fait, depuis toujours, partout où je vais on me surnomme systématiquement Miss. J’entre dans une boutique et hop : « Et qu’est-ce qu’on peut faire pour la Miss ? » (sourire) Je pensais que ce surnom me quitterait lorsque je deviendrais Maman et avec l’âge. Même pas : aujourd’hui que j’ai 50 ans, on me surnomme toujours Miss. Ce qui fut le plus amusant pour moi, c’est lorsque je suis arrivée en Australie, où j’ai vécu quelques années : là on m’appelait « Mademoiselle » (sourire). C’est donc tout naturellement que lors de la création de mon blog sur Castres, en 2010, j’ai choisi le titre de « La journée de Mademoiselle ».

Une journaliste vous a décrite comme serial bloggueuse. C’est véritablement ce que vous êtes ?
En fait, lorsqu’elle a fait son article, je gérais 4 blogs et j’en avais déjà fermé 1. J’ai toujours adoré écrire, l’écriture a toujours fait partie de ma vie. Adolescente, je rêvais de créer mon propre magazine. L’arrivée d’internet et des blogs a bouleversé ma vie. J’ai créé mon premier blog lors de notre séjour en Suisse en 2008 dans lequel je présentais des meubles que nous retapions avec Monsieur Mari mais aussi nos visites touristiques et parfois notre quotidien. Mon article sur notre visite d’Yvoire avait même été publié sur le blog de « Côté Maison » ! Puis, il y a eu « La journée de Mademoiselle à Castres » en 2010, qui a servi par ailleurs à l’élaboration de la présentation touristique de Castres sur le site de la SNCF. Parallèlement, j’ai créé un blog d’arthérapie « Thank you so much », aujourd’hui « Le café des Carnets ». Lorsque nous sommes rentrés en Nouvelle-Calédonie (dont je suis originaire) j’ai créé avec des copines et mes cousines « Parole de pétrelles ». Lors de mon séjour en Australie en 2014, j’ai ouvert « La journée de Mademoiselle à Brisbane », en français et en anglais et « L’écolerie », un blog dédié à l’instruction en famille. Cela a fini par devenir compliqué de gérer tous ces blogs (avec autant de pages facebook) et le rêve de créer mon propre magazine a refait surface. J’ai alors décidé de tout regrouper sur une même plateforme. C’est ainsi que sont nés « Les Carnets de Mademoiselle » en 2014.

Comment présenteriez-vous la ligne éditoriale des Carnets ?
Définitivement « le bon sens ». Je m’explique. Aujourd’hui, je rencontre de plus en plus de personnes qui croulent sous la culpabilité : elles se sentent coupables de ne pas ressembler aux images de la mode, de la pub à la télé, coupables de ne pas être heureuses tout le temps, coupables de ne pas manger bio et végétarien, coupables de ne pas avoir d’argent, coupables de ne pas faire le bon métier, coupables de n’avoir pas fait un mariage de contes de fées, coupables de ne pas avoir mis au monde des génies, de ne pas communiquer correctement, coupables d’être de mauvaise humeur, malades, en colère, etc… A ces personnes, j’avais envie de dire : « Stop ! Cool ! Eteignez la télé et venez nous allons en parler. » Il y a tellement de personnes qui souffrent de ne pas être parfaites. Je crois qu’il est de la responsabilité des femmes (à qui s’adresse en priorité les Carnets, « mais pas que… ») d’accompagner leurs conjoints, leurs enfants. Nous devons faire renaître en nous le sacré, en toute simplicité pour faire naître le sacré chez nos maris, nos compagnons, nos enfants. Dans la culture mélanésienne, on dit que la femme est le pilier central de la case. Sans ce pilier, pas de case, pas de famille.

Vous êtes tout de même à mille lieux des magazines féminins qui existent aujourd’hui, assez tournés vers le New Age. Vous pensez vraiment pouvoir trouver des lectrices, des lecteurs ?
C’est sûr, c’est pas très glamour de lire qu’il faut faire son ménage, qu’il faut se laver tous les jours, qu’il vaut mieux tourner 7 fois sa langue dans sa bouche avant de parler, etc… Il n’y a pas que cela dans les Carnets, il y a aussi des pistes pleines de bon sens pour redonner un vrai sens à sa vie. Et nous ne rejetons absolument pas, bien au contraire, les outils spirituels et holistiques. Seulement, je suis partie du constat que nous étions 7 milliards d’humains sur la Terre, que seulement 10% arrive à adhérer au New Age et que ces 10% se prennent pour une espèce d’intelligentsia spirituelle et qui pensent, comme ces journalistes parisiens, qu’ils ont la science infuse et que heureusement qu’ils existent pour rehausser le niveau de l’humanité. Je sais de quoi je parle pour avoir moi-même développé un ego spirituel démesuré.

Justement, parlez-nous un peu plus de cet ego spirituel.
Un ego spirituel démesuré peut faire des ravages : beaucoup de personnes croient qu’elles sont supérieures aux autres parce qu’elles ont lu tout Frédéric Lenoir, qu’elles font du yoga et mangent des graines. Mais non ! La seule supériorité qui existe en ce bas monde est l’Amour, l’Amour en tout et en tous. Nous ne devrions nous laisser guider que par lui dans l’éducation, dans notre métier, dans notre couple, dans notre famille, dans nos relations, etc… Et l’Amour n’a pas besoin de yoga, de méditation, d’ayurvédique, etc… pour exister. Il a toujours existé et existera toujours. Il est comme notre planète, la Terre. C’est nous qui avons besoin de lui, et non le contraire, pour exister.

Quelle est votre source d’inspiration ?
Ma foi, Dieu, l’Amour (sourire), le bon sens, mes consoeurs. J’ai plusieurs sources d’inspiration en fait. A ce sujet, je trouve d’ailleurs que les hommes sont bien plus simples que les femmes. Monsieur Mari et mes fils sont de grandes sources d’inspiration pour moi : ils ont une maîtrise du bon sens et de la simplicité quasi innée.

Alors comment vivre aujourd’hui, comment faire ?
Maria Montessori disait : « Tout l’art de vivre consiste à se soumettre au réel ». Eh bien voilà, c’est aussi simple. Nous devons nous soumettre au réel, suivre les règles de vie ici comme faire son ménage, s’occuper de ses enfants, ses parents, vivre en bonne entente avec ses voisins, payer ses factures, ne pas jeter ses déchets à tout vent, manger sainement, etc… Vous savez je pense très sincèrement que les héros d’aujourd’hui sont ceux et celles qui ont une vie simple, saine, qui ne boivent pas outre mesure, ne se droguent pas, sont polis et bienveillants, se cultivent, …. Parce que de nos jours, il en faut du courage pour vivre simplement et honnêtement !

Comment souhaitez-vous développer les Carnets ?
En fait, comme une plate-forme sur laquelle ces nouveaux héros, dont je parle précédemment, puissent se retrouver mais aussi s’exprimer. Il y a tant de belles histoires, de belles aventures à raconter mais aussi à partager.

Les Carnets, mais aussi les ateliers, le café, la chaîne youtube, … Vous êtes très active. N’avez-vous pas peur qu’on trouve que vous vous éparpillez ?
Non, pas du tout. Je suis multi-potentialiste, c’est-à-dire que j’ai toute une palette d’intérêts et de métiers. Je suis constituée ainsi, il m’a fallu des années pour le, me comprendre et c’est en découvrant ma numérologie que j’ai pu le faire et enfin m’accepter.