J’ai toujours été admirative des familles, des parents qui avaient su rebondir sur les difficultés de la vie et en faire sortir le meilleur en créant des associations suite au décès ou à la maladie d’un de leurs enfants.

Jamais je n’aurais eu l’outrecuidance de penser que je ferais la même chose. Je ne pensais pas que ce que nous avions vécu pouvait servir à d’autres. Des amis m’ont d’abord demandé de témoigner ce que j’ai fait via un article sur un de mes blogs Cet article a été écrit il y a presque 4 ans. Depuis j’ai témoigné auprès du Professeur Henri Joyeux et de nombreux parents ont accueilli avec soulagement mon témoignage. On m’a ensuite demandé de partager ce que j’avais appris au cours des 9 dernières années. Et c’est alors que j’ai fondé l’année dernière l’association « L’écolerie ».

Cette association a pour but, en s’appuyant sur la convention des droits de l’enfant, de transmettre aux parents, ainsi qu’à toutes personnes accompagnant des enfants, des outils, des réflexions leur permettant de mieux accompagner l’être humain enfant.

En effet, l’enfant est un être humain comme les autres. Il fait partie intégrante de l’évolution, de notre évolution personnelle. Nous passons tous par ce stade, nous l’oublions au fil des années et il est pourtant un des plus importants.

Un être humain bien construit, bien accompagné au cours du stade de l’enfance devient un être humain adulte équilibré.

« L’homme sera ce que l’on fait de son enfance »

C’est l’histoire de mon fils que l’on commençait à classifier autiste qui m’a amenée à créer cette association. Intoxiqué par les vaccins, il a développé des syndromes proches d’Asperger. Je savais qui il était, je savais d’où il venait. Cette classification m’apparaissait trop facile, trop rapide.

Platon disait « les maux du corps sont les maux de l’âme. Ainsi on ne doit pas guérir le corps sans chercher à guérir l’âme ».

Et si c’était cela justement et simplement. Je m’explique : beaucoup d’enfants aujourd’hui sont diagnostiqués avec un trouble du comportement. Dès qu’un enfant n’entre pas dans le moule de l’école, de la société, de la mode même, on décrète qu’il a un trouble. Il est donc classé dys-machin, hyperactif, autiste, etc…. Quand on ne dit pas qu’il est mutant comme l’a titré dernièrement le magazine INREES. Et je préfère passer sur les classifications new age : enfant indigo, enfant cristal, etc…

Au-delà de cette intoxication, j’ai pris conscience à quel point le caractère, la personnalité de l’être humain enfant était niée, refusée, à quel point l’évolution naturelle de l’être humain était peu reconnue voire méconnue.

Et si tous ces soi-disant troubles n’étaient ni plus ni moins qu’une part de l’apprentissage que l’être humain avait à faire en tant qu’être spirituel.

Changeons de point de vue et considérons maintenant que l’être humain est un être spirituel vivant une expérience humaine et prenons en compte, tout comme Maria Montessori, que cet être spirituel vit une incarnation humaine ici et maintenant. N’ayons pas peur non plus de prendre en compte la notion de réincarnation.

Voici le petit Gabriel. Bébé, il jouait beaucoup, dormait peu, se réveillait souvent, touchait à tout. Enfant, il sautait partout, changeait sans cesse d’activités. Une vraie soif de vivre, avec même parfois une boulimie alimentaire. Gabriel est aujourd’hui un jeune homme qui a plusieurs cordes à son arc, a besoin d’être très actif et voyage beaucoup dans le cadre de ses activités professionnelles : il est reporter-photographe. C’est grâce à la connaissance de certains outils que ses parents ont compris qu’ils devaient laisser le petit Gabriel s’entraîner à devenir l’homme qu’il serait plus tard. A l’inverse, s’ils ne lui avaient pas permis dès son jeune âge d’être un petit aventurier, s’ils avaient accepté qu’il soit déclaré hyperactif et donc médicalisé, cela aurait pu faire de lui un adulte refusant tout changement, tout imprévu, dans l’incapacité de vivre sereinement ce qu’en tant qu’être spirituel il avait souhaité apprendre : « grandir, évoluer par l’acceptation des changements dans l’optique de s’en enrichir ». Il aurait même pu développer la caractérologie bipolaire afin de vivre des bas et des hauts pour vivre ces changements.

Maintenant, prenons le cas de Joe, ce petit garçon décrété autiste. Là on prend véritablement en compte la notion de réincarnation. Dans sa vie précédente, il est mort à 30 ans d’épuisement et de soif après s’être évadé de l’hôpital psychiatrique dans lequel on l’avait enfermé. C’était de plus un enfant battu au cours de sa dernière expérience de vie humaine. Le jour de sa naissance, il a reçu plusieurs vaccins qui l’ont intoxiqué. Tout cela combiné a fait de lui un bébé qui hurlait dès qu’on le touchait et n’était bien que seul, dans son berceau, un bébé qui ne réclamait jamais à boire ni à manger. Puis un petit garçon qui n’aimait pas qu’on le touche, qu’on lui parle, qui pouvait marcher des heures sans se plaindre et restait assis des journées entières à effectuer la même activité. Cela ressemble à sa vie antérieure : la marche jusqu’à épuisement et une journée type en hôpital psychiatrique. Aujourd’hui, tout est rentré dans l’ordre. Accompagné des bons soins, il peut enfin avancer sereinement sur le nouveau chemin qu’il a choisi.

Accompagner l’être humain enfant consiste finalement tout simplement à le comprendre, l’accepter tel qu’il est, lui permettre de s’ancrer dans sa vie, dans son époque, ici et maintenant, à reconnaître qu’il vient avec des savoirs et des savoir-faire.

Deux outils à mes yeux permettent cet accompagnement : la pédagogie Montessori et la communication bienveillante.

Le premier permet de comprendre que « tout l’art de vivre consiste à se soumettre au réel » comme le disait Maria Montessori et donc d’accompagner l’être humain enfant afin qu’il sache vivre ici et maintenant, dans son époque, son environnement. Je vais faire une petite parenthèse là et vous donner un exemple : j’ai rencontré une petite fille qui passait son temps à faire le ménage, à servir les garçons et hommes de la maison en proclamant que c’était son rôle. Elle faisait le ménage d’une manière particulière qui parfois faisait sourire sa mère mais souvent l’agaçait : elle nettoyait le sol à la main, à quatre pattes et avec une serpillière. Il était évident que cette enfant n’avait pas intégré que la manière de laver les sols avait évolué sans parler du « je suis là pour servir les hommes »….

Le deuxième outil n’est ni plus ni moins que de la courtoisie et par la même permet d’offrir à l’être humain enfant tout le respect et la considération qu’il mérite, principe important de la convention des droits de l’enfant.

Dans notre Dame de Paris, Victor Hugo faisait dire à Maître Andrey Musnier : « On n’a jamais vu pareils débordements de l’écolerie. Ce sont ces maudites inventions du siècle qui perdent tout […] Plus de manuscrits, plus de livres ! »

Parents, accompagnateurs, fermez ces livres, ces magazines spécialisés dans l’éducation des enfants et posez-vous la question : « Si je devais remplacer le mot éducation par un seul mot, lequel je choisirais ? ».

Je finirais en disant qu’il devient urgent de faire appliquer la convention des droits de l’enfant.

En 2015, en France, a été acceptée par un texte de loi la reconnaissance de la maltraitance faite aux animaux. Ils peuvent être défendus désormais devant un tribunal.

En ce début d’année, toujours en France, le caractère juridique des maltraitances faites aux enfants, notamment la fessée, les punitions et les humiliations, a été rejeté par le Conseil constitutionnel.

Aujourd’hui, au 21ème siècle, si on entend pleurer, hurler, tous les jours, un animal, sur un simple coup de fil, la SPA se déplace et plainte est déposée.  Je cite : « Il est interdit d’exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques et les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité. Plusieurs sanctions pénales sont prévues en cas de mauvais traitements, d’abandon, de sévices graves et d’atteintes à la vie ou à l’intégrité de l’animal. Le propriétaire est tenu notamment d’alimenter et de soigner son animal ».

Aujourd’hui, au 21ème siècle, si on entend pleurer, hurler un être humain enfant, personne ne bouge. On considère qu’il s’agit de caprices ou d’éducation. Là je vais vous donner un exemple vécu. Une de mes voisines hurle sans cesse sur ses enfants âgés de 3 et 5 ans. La première fois que je l’ai entendue je pensais qu’elle se défendait contre un homme. C’est pour vous dire la violence des cris et de ses paroles. Un soir n’en pouvant plus, nous avons appelé la police. Cela faisait 3 heures qu’elle hurlait après son garçon de 3 ans et que bien entendu l’enfant pleurait. Après intervention de la police, il s’est avéré que l’enfant avait faim, qu’il réclamait à manger à corps et à cris. Ce que sa mère lui a refusé prétextant que ce n’était pas l’heure du repas. La police a considéré et appuyé le point de la vue de la mère : il s’agissait d’un caprice de la part de l’enfant et d’éducation de la part de la mère. Si cet enfant avait été un animal, il aurait eu la loi pour lui.

Est-ce vraiment normal que les enfants à notre époque, dans notre société occidentale, est moins de considération que celle donnée aux animaux ? Je pose la question.

Mère Thérésa disait : « Si vraiment nous voulons qu’il y ait la paix dans le monde, commençons par nous aimer les uns les autres au sein de nos propres familles ».

N’oublions pas non plus que « l’enfant est la partie la plus importante de l’adulte » (Maria Montessori).

 

Claudia Rizet-Blancher.