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Domination du marché du luxe par quel pays

1 500 milliards d’euros. Ce n’est pas un mirage, mais bien la réalité du marché du luxe en 2023. À cette échelle, les records s’effacent derrière des secousses inattendues : l’Asie, jadis moteur effréné, a levé le pied. Plusieurs maisons historiques, longtemps rassurées par la frénésie chinoise, voient désormais leurs ventes piétiner, voire reculer. La Chine ne dicte plus seule les tendances. L’Europe, revigorée par le retour massif des touristes et la fidélité d’une clientèle locale, a su reprendre l’avantage, redessinant discrètement la carte de la suprématie mondiale.

Les projections pour 2025 redistribuent les rôles. Les États-Unis tiennent leur rang, conservant un appétit solide pour le luxe malgré la montée de nouveaux acteurs. Le Japon, quant à lui, accélère et s’immisce dans le cercle très fermé des marchés qui comptent.

La crise du luxe en Chine : quelles répercussions sur l’équilibre mondial ?

Impossible d’ignorer le poids colossal de la Chine, qui représente plus d’un tiers des ventes mondiales de luxe. Pourtant, les chiffres de 2024 viennent tout bouleverser. Après des années de croissance à deux chiffres, la consommation de luxe ralentit nettement. Des géants comme LVMH et Kering accusent une baisse de leurs ventes en Asie, entraînant dans leur sillage des icônes comme Gucci, dont le chiffre d’affaires chute de 26 % sur douze mois. Les répercussions se font sentir jusqu’aux ateliers européens, où les carnets de commandes se resserrent.

La jeunesse chinoise, autrefois fer de lance du secteur, prend ses distances. Face à une succession de hausses de prix et à une conjoncture moins euphorique, millennials et génération Z se montrent plus prudents. Ces consommateurs, qui faisaient la météo du marché, se raréfient. Un chiffre marque les esprits : la clientèle mondiale du luxe passe de 400 à 340 millions de personnes entre 2022 et 2025, d’après Bain & Company.

Face à ce coup de frein, les grandes maisons cherchent de nouveaux ressorts. Le Tmall Luxury Pavilion d’Alibaba reste un passage obligé, mais la plateforme numérique ne suffit pas à compenser le ralentissement. Les marques multiplient les investissements dans la créativité et l’expérience, s’appuyant sur l’innovation et la durabilité pour rebondir.

Pour mieux cerner ce bouleversement, voici quelques repères majeurs :

  • Le marché mondial du luxe devrait atteindre 1 440 milliards d’euros en 2025.
  • Les marques doivent allier authenticité et rigueur pour convaincre une clientèle devenue plus exigeante et sélective.
  • L’instabilité chinoise redistribue les cartes du leadership, déplaçant les flux vers l’Europe, le Japon et les États-Unis.

Quels pays domineront réellement le marché du luxe en 2025 ?

Derrière les chiffres, une recomposition s’opère. La Chine garde une avance considérable, mais le net repli de la demande en 2024 pousse le secteur à observer de nouveaux territoires.

Le Moyen-Orient connaît une effervescence spectaculaire. Les projets pharaoniques à Riyad, Dubaï ou Doha attirent les grandes maisons et dynamisent la région. Les études s’accordent : en 2025, le Moyen-Orient affichera la plus forte progression, porté par une clientèle jeune, ultra-connectée, à la recherche de prestige et d’expériences personnalisées. De leur côté, les États-Unis offrent toujours stabilité et attrait pour le haut de gamme.

Voici les acteurs qui structurent aujourd’hui la compétition mondiale :

  • La France et l’Italie restent les places fortes de la création, emmenées par LVMH, Kering, Hermès, présents sur tous les continents.
  • Inde, Asie du Sud-Est et Afrique émergent comme relais de croissance, portés par l’essor des classes aisées et l’explosion du digital.
  • Le Japon et la Corée du Sud imposent leur influence, en particulier dans la mode et la beauté.

Les groupes mondiaux, à commencer par LVMH et Kering, quadrillent désormais plus de 80 pays. Leur modèle évolue : expériences immersives, responsabilité, omnicanalité. Le marché mondial du luxe, estimé à 1 440 milliards d’euros en 2025, se fragmente et s’enrichit, mais l’axe Europe-États-Unis-Moyen-Orient tient toujours le haut du pavé. Les zones émergentes s’invitent, bousculent les équilibres et accélèrent la mutation du secteur.

Homme européen marche dans une rue de luxe historique

Chiffres clés et prévisions : comprendre les nouvelles dynamiques du secteur

Le marché mondial du luxe tutoie les 1 440 milliards d’euros en 2025. C’est vertigineux. Pourtant, derrière cette surface étincelante, les transformations se multiplient. Le segment des biens personnels de luxe atteint 358 milliards d’euros, mais la croissance ralentit. La clientèle mondiale, qui comptait 400 millions de personnes en 2022, devrait se réduire à 340 millions cette année. La sélection s’intensifie, le secteur devient plus exclusif. Entre hausse des prix, ralentissement chinois et tensions géopolitiques, la carte des puissances évolue.

Pour mieux cerner les nouvelles tendances, quelques points saillants s’imposent :

  • La joaillerie et les accessoires de luxe continuent d’entraîner la croissance, tandis que la maroquinerie stagne, la mode cherche son souffle et la beauté haut de gamme fait de la résistance.
  • Les ventes en ligne et les formats outlet absorbent une part croissante du stock disponible.
  • Les boutiques, de plus en plus spacieuses, misent sur des expériences immersives pour fidéliser la clientèle.

Les jeunes générations prennent le pouvoir, et cela change la donne. Millennials et génération Z pourraient représenter, selon Bain & Company, jusqu’à 70 % des achats mondiaux d’ici 2030. Leur exigence s’exprime à travers la quête d’expériences, de bien-être et d’authenticité. Les maisons multiplient les initiatives de seconde main, à l’image de Vestiaire Collective ou du programme Balenciaga Re-Sell, pour séduire ces nouveaux influenceurs. Les investissements, eux, se concentrent sur l’innovation, la durabilité et la créativité maîtrisée. Le luxe ne se limite plus à l’objet : il s’étend à l’immatériel, à des expériences rares, à la gastronomie, au voyage, au sport. L’industrie n’a pas d’autre choix que de revoir sa relation à la possession.

Le futur du luxe ne se jouera pas sur une seule scène, ni dans un seul pays. Il s’écrira à plusieurs voix, au croisement de continents, de générations et de nouvelles envies. Ce qui hier paraissait acquis devient le terrain d’une compétition féroce et inventive, et personne ne sait encore qui, demain, imposera son style sur ce marché polymorphe.