Article rédigé en collaboration avec David Rizet-Blancher.

 

Lorsque nous sommes arrivés en Suisse et avons emménagé dans notre home sweet home, le propriétaire nous avertit que nous aurions beaucoup de nettoyage à faire sur le terrain derrière la maison car il était envahi de ronces.
Nous eûmes une belle surprise quand nous nous rendîmes compte qu’en fait de ronces il s’agissait de centaines de pieds de fraises des bois. Nous les avons bichonnées nos ronces, aérées, offertes au soleil et elles nous ont donné des kilos de fraises vite mangées et vite transformées en pots de confiture.
Il y avait aussi de la lavande (Si si on trouve de la lavande dans presque tous les jardins en Suisse) et là aussi le propriétaire prophétisa que les pieds étaient morts et qu’ils ne résisteraient pas à l’hiver. Nous avons encore au moins plus d’une dizaine, et ce même après en avoir offert, de sachets remplis de fleurs de lavande.
Ce souvenir nous revient à l’esprit aujourd’hui où on nous parle de permaculture, l’art d’apprendre (moyennant finance) à laisser les graines pousser naturellement (Allez dire ça à ma mère et ma grand-mère qui vous rétorqueront en ricanant : alors en jetant mes graines je faisais de la permaculture sans le savoir !?) et je me dis que, finalement, l’avenir de la permaculture sera de reconnaître les plantes que nous avons dans nos jardins et de les laisser grandir harmonieusement et naturellement surtout.
Je pense à la méditation, qui devient un business très lucratif : si on avait dit ça à Archimède quand il a crié eurêka, il aurait laissé tomber son expérience et aurait plutôt vendu la manière dont il a trouvé l’idée.
Je pense à mes grands-parents qui avaient tant de fierté à tenir leur maison propre, s’ils avaient su que de nettoyer sa maison et de la tenir rangée pouvaient leur rapporter de l’argent, ils auraient été millionnaires !
Je pense à Maria Montessori qui aimait tant accompagner les enfants et souhaitait les aider à vivre, bien grandir dans leur environnement, qui si elle voyait tout ce que nos maisons contiennent d’objets, conseillerait à tout accompagnant de faire avec ce qu’il y a dans les maisons et non pas de dépenser des fortunes pour des jeux, des outils estampillés Montessori et qui coûtent si chers.
Je pense au grand-père de Monsieur Mari qui réparait et inventait tant d’objets, d’où il est, il doit se dire qu’il aurait pu faire fortune dans le recyclage ou alors en donnant des cours pour apprendre aux gens à planter un clou.
Alors oui le monde bouge, le monde avance, d’accord mais ce que nous pensons être des nouveautés existent depuis bien longtemps. Ne nous trompons pas et ne nous laissons pas tromper.
Après avoir laissé des groupes de personnes faire de l’argent avec nos sources d’eau naturelle, va-t-on laisser des groupes de personnes faire encore de l’argent avec le bon sens, le naturel en nous faisant croire que c’est nouveau, voire même à la mode ?

Il va nous falloir être vigilants et savoir trier le bon grain de l’ivraie…