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La cartographie participative, un outil pour mieux s’adapter aux changements climatiques

 

L’IRD, Institut de Recherche et Développement, est un organisme de recherche français qui a pour objectif de contribuer au développement social, économique et culturel des pays du Sud.

Le centre de Nouméa est, plus particulièrement, orienté sur les problématiques liées aux conséquences des changements climatiques, couvrant des thèmes tels que environnement et ressources, sociétés et territoires ainsi que santé et environnement.

C’est dans cette optique qu’a été mobilisé pour la Nouvelle-Calédonie par l’IRD, un outil participatif visant à impliquer les populations insulaires dans les choix d’aménagement de leur territoire, en leur faisant prendre conscience des impacts dus aux changements climatiques.

A l’occasion d’une conférence axée sur les Aspects juridiques dans les changements environnementaux en Nouvelle-Calédonie animée par Victor DAVID, chargé d’études au Centre IRD de Nouméa, j’ai découvert l’existence de cet outil. J’ai par la suite eu l’occasion de rencontrer Victor DAVID qui m’a aimablement reçu dans les locaux de l’IRD où il m’a fait une présentation plus détaillée.

La méthodologie utilisée doit permettre aux populations de mettre en place des solutions en prévention de catastrophes naturelles et de changements environnementaux. Chacun devient alors acteur dans l’élaboration de ces solutions en y apportant ses connaissances, son expérience, son vécu, ses observations, son ressenti, sa vision d’avenir. C’est l’occasion d’échanger en vue d’arriver à des solutions décidées en commun entre les populations et les institutions.
Une façon très pratique et ludique d’arriver à ce résultat a été de réunir les gens autour de la cartographie participative. La population d’Ouvéa a fait l’expérience de la création d’une carte en 3D à partir de matériaux de récupération (cartons, planches en bois, etc…). L’objectif de cette carte était d’identifier les zones qui allaient être impactées par la montée des eaux dans les années à venir (les premiers signes étant déjà là), afin de mettre en œuvre les solutions qui s’imposent ; à savoir, entre autres, la relocalisation d’une partie de la population en prenant en compte toutes les conséquences que cela peut avoir au niveau logistique, coutumier avec le problème du foncier, etc… Bref, une réorganisation complète du territoire en prévision de cette montée des eaux. Certains ont vu dans cette carte 3D un outil permettant aussi de localiser les personnes handicapées, de mettre en place des procédures d’évacuation en cas de catastrophe naturelle par exemple. Des voies d’accès ont été également découvertes par les équipes d’urgences leur permettant d’améliorer leur efficacité en cas d’intervention. Les applications et les avantages sont multiples. Aujourd’hui, la population d’Ouvéa s’est totalement appropriée cet outil. Le rôle l’IRD a été de les guider dans cette démarche et au final ce sont les personnes elles-mêmes qui ont trouvées les solutions.

La cartographie participative a déjà été utilisée dans d’autres îles d’Océanie telles que les Îles Marshall, Tuvalu, Kiribati et Tuamotu. En octobre 2016 est prévue à Poindimié une présentation par l’IRD de cet outil en vue de l’appliquer sur les communes de Touho, Ponérihouen et Poindimié. Participeront à cette session également les îles Kiribati et Tuamotu.

On parle beaucoup ces derniers temps du projet de barrage sur Pouembout. Étant originaire de ce village, je suis particulièrement sensible à ce qu’il s’y passe notamment au niveau environnemental. Un barrage, quelle que soit sa taille, a inévitablement un impact environnemental et peut engendrer des modifications importantes en termes de réaménagement du territoire. Il y a tout d’abord la zone directement impactée par le stockage de l’eau mais aussi le passage des canalisations et les exploitations agricoles qui pourront se connecter. En cas de très fortes pluies, le niveau peut atteindre les seuils de sécurité nécessitant des lâchés dont la quantité d’eau peut être conséquente et créer une érosion prématurée. Il ne faut pas oublier non plus les terres coutumières qui pourront être impactées d’une façon ou d’une autre. Autant de questions et problématiques qui peuvent être identifiées, abordées et traitées en y impliquant les populations de la région, qui connaissent particulièrement bien leur environnement et qui pourront ainsi avoir le sentiment de satisfaction d’avoir pu contribuer directement au développement et à la protection de leur territoire, en évitant de léser qui que ce soit.

Ne parle-t-on pas de destin commun en Nouvelle-Calédonie ? Voici donc un outil on ne peut plus pratique permettant d’y contribuer.

 

David Rizet-Blancher
http://permalife-permavie.weebly.com

 

A tous ceux que cela concerne

 

Novembre 2014, le petit-fils du Dr Suzuki est arrêté lors d’une manifestation contre un projet de pipeline de la compagnie Kinder Morgan, au sein de la zone de conservation de la «Barnaby Mountain» au Canada. Dans la même lignée que son grand-père, Tamo promeut l’écologie et les droits de l’Homme à travers son association. David Suzuki va réagir vivement à cette privation de liberté par une lettre ouverte où il appelle les gens à la Désobéissance Civile pour protéger l’environnement.

 

« Tamo Campos est mon petit-fils et je suis très fier de lui. Il fait ce que j’aurais moi-même fait si ce n’était pas un risque pour mon poste de présentateur de « The Nature of Things » (La nature des choses) sur CBS.

Le monde est en conflit contre les éléments qui nous maintiennent en vie et en bonne santé – l’air, l’eau, la terre et la diversité des espèces. Les multinationales, particulièrement celles dont le siège est à l’étranger, dans un autre coin du monde, n’ont que faire des écosystèmes ou des communautés locales, tant qu’ils n’interfèrent pas avec la maximisation du profit des actionnaires. Elles ne sont absolument pas obligées de protéger les écosystèmes ou les communautés locales. Leur unique but est d’engranger autant de profit que possible.

Dans le monde entier, des citoyens et des communautés se soulèvent pour protéger leur patrimoine écologique, social et économique contre ces entités envahissantes qui se comportent comme des bandits, qui intimident à l’aide de procès de « Poursuite Stratégique Contre la Mobilisation Publique » et d’autres outils légaux ; n’importe quoi pour continuer sur leur voie destructrice tout en occultant les problèmes importants comme le changement climatique et les risques de déversements [de pétrole] mis en avant par les manifestants.

Si j’explique tout ça c’est pour remettre les actions de Tamo et d’autres dans leur contexte. Tamo se bat pour le monde que nous allons laisser à sa génération. Je crois que ce que Kinder Morgan et d’autres entreprises du même acabit sont en train de faire, c’est commettre un crime intergénérationnel, mais aucun précédent juridique n’existe à ce sujet, impossible donc de les poursuivre en justice sur cette accusation.

Avant que les entreprises ne deviennent aussi puissantes, chaque génération œuvrait pour un avenir meilleur à laisser à leurs enfants. Ce n’est pas l’objectif de ces multinationales. Je vous en supplie, considérez le fait qu’il y ait peu de voix légales pour protester contre ce que je considère être les activités criminelles des compagnies comme Kinder Morgan, par conséquent les citoyens n’ont d’autre choix que la désobéissance civile. Sommes-nous si aveuglés par le pouvoir et l’influence des multinationales, que leurs visions à court terme nous semblent plus importantes que leurs conséquences potentiellement catastrophiques en termes écologiques et sociales?

Mon petit-fils joue un rôle important dans la lutte pour la protection des droits humains, de la justice sociale et de l’environnement, il n’est pas un criminel. Il a fait cela sans même essayer de profiter de ma renommée. Il est un exemple pour tous les jeunes d’aujourd’hui, il les pousse à s’impliquer, à se battre pour leur avenir. J’espère que la cour sera consciente de cela. »

 

David Suzuki, professeur émérite, UBC
Texte traduit par Lona Harmaan
source : https://mrmondialisation.org

Le droit, un outil indispensable pour faire face aux changements environnementaux

 

Une conférence, animée par Victor DAVID, chargé d’Études au Centre IRD de Nouméa, sur les « Aspects juridiques dans les changements environnementaux en Nouvelle-Calédonie« ,  a eu lieu ce mercredi 11 mai 2016 à l’Université.

Cette conférence, de qualité, était articulée autour de 2 parties principales :

L’article 7 donne à toute personne le droit à l’information environnementale et le droit de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Cet article a été transposé dans le droit calédonien. Toutefois, il n’est pas appliqué de la même façon d’une province à l’autre. La Nouvelle-Calédonie étant un petit territoire, une uniformisation du droit et de la réglementation en matière d’environnement apparaît comme une évidence. Compte-tenu de sa nature, l’article 7 pourrait constituer la première modification de la loi organique en vue d’une application commune de ce dernier, puisque notre petit Pays tend vers le « destin commun ».

Sur la base de cet article, l’IRD a développé un outil très intéressant donnant à la population la possibilité de participer à la mise en place de mesures en vue de se préparer et d’anticiper les changements environnementaux qui sont déjà en marche, comme la montée des eaux qui constitue l’une des préoccupations principales dans les îles du Pacifique. Cet outil a pour but non seulement de sensibiliser la population mais aussi de la former à être partie prenante des décisions citoyennes. Il est parfaitement aligné avec la devise du Pays : « Terre de parole, terre de partage ».

Cet outil a déjà été testé dans des exercices bien particuliers à Ouvéa, dans les Iles Loyautés, ainsi que dans d’autres îles du Pacifique.

Les échéances sont courtes puisque les simulations prévoient des changements climatiques irréversibles à partir de 2040 en Nouvelle-Calédonie, qui fait partie des territoires qui sont parmi les premiers touchés dans le monde : augmentation notamment du niveau des mers. Déjà aux Salomons, 5 petits atolls ont disparus.

Il y a donc urgence à se préparer afin d’anticiper ces changements. La Nouvelle-Calédonie saura-t-elle tirer profit d’outils tels celui de l’IRD pour protéger ses populations et ses ressources, pour amener les gens à devenir acteurs de la sauvegarde de l’île ?

 

David Rizet-Blancher
http://permalife-permavie.weebly.com

 

Néonicotinoïdes, tueurs d’abeilles – Nos Sénateurs disent non à l’interdiction

 

Le Sénat rejette le projet d’interdiction des néocotinoïdes, ce fameux pesticide responsable de la mort des abeilles : http://reponses.agirpourlenvironnement.org/neonicotinoides-senateurs/

Quels arguments ont-ils été présentés à nos sénateurs pour qu’ils prennent une telle décision ?  Sont-ils informés de l’impact environnemental ?

Les abeilles sont les principaux pollinisateurs sur notre Planète. Sans abeilles certaines plantes ne pourront plus produire de fruits ou de graines. Sans fruits et sans graines les plantes ne pourront plus se reproduire et disparaîtront.

Ces plantes constituent la base alimentaire de tant d’êtres vivants y compris l’homme. Avec leur disparition ce seront des écosystèmes entiers qui s’éteindront encore si de telles décisions sont prises.

Cette décision est-elle bien réfléchie et prise en connaissance de cause ? S’agit-il tout simplement d’une méconnaissance du sujet surtout lorsque l’on connaît les lourdes conséquences que cela implique ? Ont-ils seulement pris connaissance des rapports des industriels producteurs de néocotinoïdes ou se sont-ils aussi intéressés aux rapports des producteurs de miel ? Des intérêts économiques seuls seraient-ils leur seule motivation ?

Des solutions alternatives existent déjà. Pourquoi ne pas trouver des compromis afin de s’engager dans une phase de transition en vue de mettre en place ces solutions alternatives ? A l’industrie de s’adapter à la Nature et pas l’inverse.

Des hommes et des femmes ont les connaissances et ne demandent qu’à être écoutés afin de pouvoir les partager. Ils ne sont peut-être pas tous scientifiques cependant ils ont des résultats concrets. Intéressons-nous à eux et donnons leurs plutôt les moyens d’aller encore plus loin afin qu’ils nous aident à préserver notre si généreuse Nature plutôt que de continuer à la détruire encore plus chaque jour avec de telles décisions.

David Rizet-Blancher
http://permalife-permavie.weebly.com

Environnement, le premier pas

 

L’éternel question sans cesse qui refait surface au sujet de l’environnement : « Mais qu’est-ce que je peux faire, qu’est-ce qu’on peut faire pour la protection de l’environnement à notre niveau ? »

Outre le fait bien évidemment de consommer moins et de comprendre qu’aujourd’hui la mode c’est d’être écolo (Ça c’est pour les réfractaires fashionitas 😉 ), il y a un point de vue, un geste tout simple, une habitude à prendre dès maintenant qui pourrait transformer justement notre environnement.

Dehors, sur les trottoirs, au bord des routes, sur les plages, dans les forêts, c’est aussi chez nous, chez chacun d’entre nous. Et tout comme chez nous, nous devons préserver, garder propre notre environnement.

Je ne pense que l’on jette ses déchets (mégots de cigarettes, mouchoirs en papier, sacs plastiques, prospectus, bouts de papier, chewing gum, etc….) au milieu de son salon. Eh bien, dehors c’est pareil. Alors ramassons, nettoyons, ne jetons plus sur les trottoirs, les routes, les chemins nos déchets au gré du vent et gardons propre notre ville, notre village, notre pays, notre planète Terre.

Claudia Rizet-Blancher
Rédactrice des Carnets ©

Valeur ajoutée

 

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

 

La valeur ajoutée du nickel en Nouvelle-Calédonie représente environ 10% du PIB du Territoire. La part du nickel est donc très faible dans l’économie du pays. Toutefois, cela représente 90% à 95% des exportations. On a donc une économie vers l’extérieur qui est quasi exclusivement basée sur le nickel et qui apporte très peu de retombées à la Nouvelle-Calédonie.

L’exploitation du nickel n’est malheureusement pas une activité durable puisque les ressources s’amenuisent à chaque bateau qui quitte l’île. L’activité minière et industrielle n’est pas non plus sans conséquence pour l’environnement.

On peut donc se poser la question suivante : comment créer de la valeur ajoutée en Nouvelle-Calédonie ?

La réponse : faire de la Nouvelle-Calédonie un laboratoire géant, une vitrine ouverte sur le monde en termes de protection environnementale et d’innovation dans les domaines des énergies renouvelables, de l’agro-écologie, l’habitat, etc… La Nouvelle-Calédonie pourrait se placer au centre de la culture océanienne en devenant un exemple du vivre ensemble au niveau mondial.
Tous ces travaux de recherche et de développement nécessiteraient la venue de scientifiques et d’experts. Qui ne rêverait-il pas de venir dans une île paradisiaque pour faire de la recherche ?

L’aspect cadre de vie étant réglé, reste l’aspect financier.

La recherche et développement est un secteur très porteur, d’autant plus qu’il s’agit de développement durable dont nous parlons et la Nouvelle-Calédonie aurait tout à gagner à devenir la nouvelle Silicon Valley dans ce domaine. Sa biodiversité, le classement de son lagon au patrimoine mondial de l’Unesco lui donnent toute légitimité. Ainsi, les retombées économiques et financières pourraient être suffisamment importantes pour payer les chercheurs et pour créer donc plus de valeur ajoutée. De quoi mettre le Pays à l’abri du besoin en étant autonome financièrement.

En parallèle, il s’agit aussi, bien évidemment, de protéger cette biodiversité et les cultures locales en limitant la production industrielle et en développant un tourisme vert et axé sur les cultures du Pays. La Nouvelle-Calédonie aurait tout à gagner en devenant LA destination éco-tourisme en Océanie et pourquoi pas au niveau mondial en devenant la référence dans ce domaine.
Tout est possible. Ce sont les petites initiatives en se regroupant qui pourront permettre d’atteindre ce niveau d’excellence et cette notoriété.

L’Océan est fait d’une multitude de goutte d’eau. Soyons l’une de ces gouttes.

 

David Rizet-Blancher
http://permalife-permavie.weebly.com/

L’après Nickel, c’est maintenant en Nouvelle-Calédonie

 

Il y a un peu plus d’une semaine a eu lieu une rencontre intéressante entre des patrons membres de l’AMD (Association Maintenance Durable) et la Province Sud. Le sujet de cette rencontre était la crise du Nickel que traverse actuellement la Nouvelle-Calédonie et l’impact sur les entreprises locales. Au travers de l’AMD, ses membres ont souhaité interpeler les institutions du territoire sur la gravité de la situation économique pour les PME.

Les institutions vont donc maintenant être informées officiellement de la situation réelle des entreprises, de leurs difficultés et aussi et surtout de la façon dont elles sont traitées par les donneurs d’ordre tels que les industriels du Nickel.

Cette rencontre et cet état des lieux aura-t-il un effet boule de neige ? Quelles seront les solutions que les institutionnels et les politiques apporteront ? Seul un avenir que chacun espère très proche nous le dira.

On peut bien évidemment se poser des questions sur les causes de cette crise du Nickel en Nouvelle-Calédonie mais l’heure n’est pas à l’analyse mais plutôt à trouver des solutions.

L’industrie liée au Nickel n’est pas sans impact sur l’environnement surtout lorsque les donneurs d’ordres ne respectent pas leurs engagements en terme de revégétalisation par exemple ou qu’ils négligent leur maintenance.

Les montagnes de la Nouvelle-Calédonie conservent les cicatrices des décennies d’extraction du Nickel de son sol. La terre est meurtrie. Aujourd’hui, c’est aussi son magnifique lagon classé au patrimoine mondial de l’UNESCO qui est menacé. Certains complexes industriels sont tellement à risque qu’ils sont qualifiés de « bombes écologiques». L’industrie n’est toutefois pas le seul risque pour l’environnement : cet été les plages de Nouméa ont été fermées de très nombreuses fois pour cause de pollution à la matière fécale, entre autres. De quoi se poser des questions tout de même sachant que l’origine de ces pollutions n’a pas été divulguée.

La biodiversité calédonienne est l’une des plus belles au monde et l’on y trouve un nombre important d’espèces endémiques. Certaines ne peuvent être trouvées que dans des lieux uniques sur le territoire. Par ailleurs, les richesses dont regorge la barrière de corail sont importantes pour la biodiversité.

Dernièrement suite à un commentaire laissé sur la page Facebook d’un organisme engagé dans la protection de l’environnement faisant état de la situation environnementale de la Calédonie, ce dernier a répondu que nous ne sommes vraiment pas si mal lotis sur notre « Caillou » comparé à d’autres pays.

Il est vrai que si l’on prend du recul, on se rend compte que notre « Caillou » est magnifique et pas encore trop pollué. C’est pourquoi il est important d’en prendre soin. La nature y est encore à peu près préservée. Il faut toutefois faire plus.

La crise du Nickel ne serait-elle pas le bon moment pour se poser les bonnes questions ? Ne serait-ce pas un mal pour un bien ?

En plus de la crise, comme précisé précédemment, le Nickel n’est pas éternel. Que se passera-t-il si demain l’industrie minière s’arrête en Nouvelle-Calédonie ? Que deviendront ces usines récentes et anciennes ? Il est impensable au lendemain de la COP21 de laisser ces infrastructures à l’abandon. Elles devront être démantelées et les matériaux recyclés d’une façon ou d’une autre.

Dans certains pays d’Afrique où la population est très pauvre, des hommes et des femmes rivalisent d’ingéniosité en termes de recyclage notamment. Ils récupèrent des objets devenus déchets et les transforment pour leur donner une seconde vie. C’est leur situation qui les pousse à trouver des solutions pour nourrir leurs familles et survivre.

N’est-ce pas là une opportunité pour la Nouvelle-Calédonie de développer de nouvelles compétences à l’instar de ces hommes et ces femmes en Afrique et de développer un savoir-faire en matière d’environnement, de recyclage qui pourra servir d’exemple pour le reste du monde tout du moins pour la région Océanie ?

Le tourisme est très compliqué ici. Il n’a jamais décollé. Les billets d’avion sont hors de prix, des hôtels 5 étoiles poussent presque comme des champignons mais ne sont jamais remplis car ils sont seulement des outils fiscaux. Ils se dégradent très rapidement car construit au rabais et peu ou pas entretenus. Les retombées économiques de ces établissements sont minimes. Pour faire simple, le tourisme en Nouvelle-Calédonie y est quasiment inexistant si on le compare à celui de la Polynésie, par exemple.

De plus en plus de personnes dans le monde recherchent aujourd’hui de l’authentique et surtout des activités proches de la nature. Nous avons tout cela en Nouvelle-Calédonie. C’est même une richesse inestimable. Pourquoi ne pas développer un tourisme agro-écologique ou encore appelé éco-tourisme ? Tout pousse quasiment et toute l’année pour ainsi dire. 88% des plantes y sont endémiques et la biodiversité y est extraordinaire. La permaculture est une méthode de culture que pratiquent déjà les Kanaks de façon instinctive. Ce que l’on appelle le « jardin kanak » n’est autre qu’un lieu où sont mises en terre des plantes qui vont pousser toutes seules quasiment sans l’aide de la main de l’homme. N’est-ce pas ce que l’on appelle aujourd’hui permaculture ?

Le territoire de la Nouvelle-Calédonie constitue un immense potentiel au niveau environnemental et la conjoncture économique peut être une magnifique opportunité pour le « Caillou » de se faire connaître dans le monde et d’être précurseur voire un exemple en matière de recyclage, de culture agricole durable et en matière d’environnement d’une façon générale. C’est maintenant que les choses doivent être initiées. L’opportunité est créée. Ne la laissons pas passer.

 

David Rizet-Blancher
http://permalife-permavie.weebly.com/

 

 

Malé’va en marche vers la transition

 

De toutes les actions du nouveau paradigme, la permaculture apparaît comme la plus pertinente et la plus globale.

Pour simplifier au mieux, la permaculture est une démarche, une philosophie qui a pour but de prendre soin de la nature, des Hommes et de partager équitablement. Autrement dit concevoir des cultures, des lieux de vie autosuffisants et respectueux de l’environnement et des êtres vivants en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes et des savoir-faire traditionnels. Une éthique, et beaucoup de bon sens. Un retour à la terre et au lien spirituel qui nous unit à elle.

Partout dans le monde, des écoles, des lieux, des cours de permaculture voient le jour à l’instar de la célèbre Ferme du Bec Hellouin, dont beaucoup de médias nous parlent en ce moment. La première fois que j’ai parlé de permaculture à ma grand-mère, ma mère, elles m’ont rétorqué : « Alors je faisais de la permaculture sans le savoir !? » Ce qui m’a fait bien rire tant cette réflexion était pleine de bon sens. Un des principes fondamentaux de la permaculture est de s’inspirer de la nature. Quand on vit à la campagne, rien de plus simple. Cela fait partie de son quotidien, de sa propre culture. Seulement, quand on sait que la majorité des humains vivent aujourd’hui dans les cités, avec toutes les méconnaissances sur la nature que cela entraîne à l’instar de cette journaliste parisienne qui avait dit à Pierre Rabhi au cours d’une interview : « Mais, enfin ! Vous savez combien la nature est dangereuse pour l’Homme ! », (ré)apprendre à l’humain à devenir autonome en matière d’alimentation est un véritable enjeu de société.

En Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs, des hommes se regroupent pour redonner tout son sens à notre rapport à la Terre, pour accompagner leurs concitoyens vers l’autonomie.

Malé’va est une association culturelle et environnementale de Nouvelle-Calédonie. Elle « regroupe toutes les personnes impliquées dans une recherche et des activités visant l’amélioration des conditions de vie de l’être humain, dans son environnement naturel ». Autosuffisance et souveraineté alimentaire sont à la base de leurs réflexions.

Mais Malé’va c’est plus qu’une association : « ce mouvement local se veut être un courant de pensée, un espace d’échanges, de partages et de rencontres entre personnes de tous horizons partageant des réflexions et prises de conscience communes. La recherche et l’application dans notre quotidien de solutions écologiques et alternatives viables et durables prenant en compte notre environnement local, régional et international est au centre de leurs échanges et actions ».

L’engagement et l’implication de cette association dans les domaines de la vie sociale, culturelle, environnementale et économique de l’île/Pays n’est pas du tout utopique ni idéologique. Ce travail doit être mené par chacun d’entre nous. Il en va de la survie, que nous le voulions ou non, de notre civilisation. Comme le disait Gandhi, soyons le changement que nous voulons voir dans le Monde.

Pour accompagner, aider chacun d’entre nous à devenir autonome dans de nombreux domaines, l’association Malé’va a entre autre décidé dans ses actions de créer une École de la Terre sur le site de l’éco-lieu Forêt-Noire, en Nouvelle-Calédonie. Y seront organisés des stages et formations en permaculture et, d’une manière générale, sur toutes les alternatives écologiques comme l’agro-écologie, l’éco-construction, l’alimentation saine et locale, les énergies renouvelables, la stratégie « zéro déchets », le recyclage, la production et la promotion/partage de semences reproductibles originelles et originales, la phyto-épuration et les toilettes sèches… Bref, tout ce qui nous permettra à chacun de devenir autonome et ce qui est plus que vital lorsque l’on vit sur une île de 400 km de long et de 45 km de large au milieu du Pacifique. Afin de mettre en place ce projet d’envergure, le premier sur le territoire de la Nouvelle-Calédonie, l’association a décidé de présenter son projet sur Lilo, un moteur de recherche alternatif qui finance des associations environnementales et sociales.

Je ne peux m’empêcher de me dire, de croire que notre Caillou ne pourra vivre, évoluer qu’en devenant autonome, qu’en retrouvant/redécouvrant le lien spirituel si fort qui nous lie à cette île. A l’heure actuelle, il s’agit d’un enjeu de société mais aussi politique. Nous devons nous préparer à vivre autrement et je sens que ce projet en sera un des meilleurs outils. C’est par ce type d’actions que le nouveau paradigme se crée, que notre Demain se dessine.

Pour en savoir plus, connaître les actions de Malé’va et participer au financement de cette école :
https://assomaleva.wordpress.com/
https://www.facebook.com/groups/maleva.ncaledonie
http://www.lilo.org/fr/lecole-de-la-terre-maleva/

 

Claudia Rizet-Blancher

 

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