Après avoir visionné un reportage sur les cuisines des îles du Pacifique et y avoir constaté que la Nouvelle-Calédonie n’y était pas représentée, après avoir pris connaissance des résultats d’Océania 22, après avoir fait un article sur le grand projet de l’association Malé’va, après avoir publié un article sur l’après nickel en Nouvelle-Calédonie, je me suis mise à rêver d’un Caillou différent…

Surnommée « La petite France » par ses voisins australiens, la Nouvelle-Calédonie a décidé de faire valoir cette partie de sa culture en organisant des charters avec la compagnie aérienne locale entre l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les autres îles proches du Pacifique lors des foires aux vins, pendant les fêtes de fin d’année, les grandes fêtes locales comme la fête de l’avocat, du cerf, de l’igname, etc…, le festival « Son et lumière » de Fort Teremba, le festival de cinéma de La Foa, mais aussi lors de la venue de grands artistes métropolitains, de la diffusion de grands films et documentaires français. Le gouvernement a voté une loi ouvrant les quotas d’exportation en duty free aux touristes et permettant à tous les commerçants, quelque soit leur taille, de vendre leurs produits hors taxes. La gastronomie a été finalement mise à l’honneur et de nombreux jeunes chefs australiens, néo-zélandais, japonais, etc… viennent en stage au Lycée Escoffier devenu l’excellence culinaire à la française dans la région Pacifique. De nombreux concours genre Master Chef ont été promus par le gouvernement afin de faire naître une gastronomie calédonienne : aujourd’hui le bougna au foie gras, le pot au feu au cerf, les frites de manioc, le cheese cake mangue/pommes liane sont sur toutes les cartes des hôtels de la place. Les achards de trocas, langoustes, crevettes, citrons du Pays sont exportés aussi bien en Australie qu’au Japon.

Après la crise du nickel, de nombreux chefs d’entreprise ont retroussé leurs manches et ont décidé de se lancer dans le recyclage. Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie est pionnière dans le recyclage de ses déchets et des matériaux, notamment issus de l’exploitation du nickel. Certaines de ces technologies de recyclage sont désormais utilisées dans le monde entier. La population a également fait sa part en acceptant de consommer moins de produits industriels, de participer au tri sélectif de ses déchets et en faisant la chasse aux déchets dans les espaces publics.

La création de l’école de la Terre par l’association Malé’va a fait des émules. Grâce à de nombreuses initiatives identiques et aux personnes sorties de cette école, le Pays a acquis une autonomie totale en matière de production agricole à tel point que les producteurs envisagent d’exporter leur surplus. La Nouvelle-Calédonie est devenue l’exemple à suivre en matière de permaculture et de bio. Des stagiaires de tout le Pacifique y viennent pour apprendre et découvrir le travail accompli. Parallèlement, un tourisme vert s’est développé et permet de passer une semaine à la ferme pour y découvrir les plantes endémiques mais aussi la permaculture, l’agro-écologie, le compostage, etc…

La culture locale est enfin représentée et surtout représentative de l’ensemble des ethnies faisant ainsi de la Nouvelle-Calédonie une des îles les plus cosmopolites du Monde où pratiquement toutes les cultures du monde y sont représentées. Le Centre Culturel Tjibaou, dont la fonction première était de faire connaître la culture kanak, a décidé d’ouvrir ses portes au plus grand nombre et surtout de laisser les artistes du Pays s’exprimer et s’exposer librement. Les jardins du CCT, dont l’accès est désormais gratuit, sont devenus le lieu incontournable de Nouméa pour les familles du Pays. De nombreux cours de yoga, taïchi, etc… y sont même organisés tant le lien spirituel avec la Terre y est fort et reconnu. Les grands évènements culturels sont tous organisés dans ce lieu hautement médiatisé. Grâce à cette ouverture, le célèbre magazine Mwa Véé a pu être à nouveau réédité et on le trouve dorénavant sur internet en plusieurs langues. Le petit commerce local (étal sur le bord des routes, food truck, etc…) a été valorisé et encouragé permettant ainsi  de créer une image exotique du Pays mais aussi de créer de l’emploi. Le kaneka est enfin une musique connue et reconnue aux 4 coins du monde.

Conscient que le lagon, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, devait être totalement protégé, des lois fortes comme l’interdiction d’utilisation de tous produits chimiques et toxiques ont été votées par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, à l’instar des îles du Nord du Queensland en Australie. Ces lois ont permis ainsi la création de plusieurs petites unités de production locales de produits bio aussi bien dans la cosmétologie que dans les produits ménagers. Les plantes endémiques ont été redécouvertes et formidablement bien exploités à l’instar du safran sauvage. Par ailleurs, les systèmes d’épuration des eaux usées ont été revus et sont plus conformes aux spécificités de l’île. Un cahier des charges environnemental a été élaboré et doit désormais être mis en place et appliqué lors de toutes nouvelles constructions, par les établissements recevant du public, etc…

L’enseignement du Pays a fortement évolué. Un véritable virage à 360°C. Véritable pionnier dans ce domaine, le Pays a su évoluer positivement en s’appuyant sur le travail fait par le Danemark : la communication bienveillante est obligatoire, les châtiments corporels ont été interdits, la méditation est devenue matière à part entière, un savant compromis entre les pédagogies Montessori, Steiner, les travaux de Bernard Collot et les spécificités locales, dont notamment le fait que la langue maternelle ne soit pas forcément le français, ont permis de créer un enseignement adapté. Seul Pays francophone de la zone, le ministère de l’éducation a donc décidé que l’enseignement serait bilingue (français/anglais) dès le primaire. Afin de s’ouvrir à l’international, de nombreux MOOC ont été créés et sont accessibles aux 4 coins du monde. Ont été mises en place des conventions d’échanges linguistiques du primaire à l’Université. L’Université du Pacifique a par ailleurs signé un partenariat avec les plus grandes universités du reste du monde.

Afin de pouvoir mettre en place toutes ces idées, ces nouvelles organisations, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a monté un business plan et présenté son projet à plusieurs établissements bancaires internationaux afin d’obtenir un prêt permettant au Pays d’acquérir dans un premier temps une partie de son autonomie financière et dans un deuxième temps d’aider au lancement de toutes ces initiatives. Ce prêt accordé, un accord a été signé par l’ensemble des élus puis approuvé par référendum par la population, qui totalement investie a participé pleinement à la création du nouveau visage du Pays.

 

Cet article étant ouvert à toutes les autres grandes idées, n’hésitez surtout pas à les partager en commentaire et même à les réaliser ;-).

« Les grandes réalisations sont toujours précédées par de grandes idées » – Steve Jobs.

 

Claudia Rizet-Blancher