Les émotions sont au cœur des discussions actuellement. On les retrouve dans les dessins animés, dans les magazines, dans de nombreux livres. On se rend compte que dès l’enfance, les émotions sont rejetées, étouffées. En effet, c’est cet enfant qui dit avoir faim alors qu’il est sorti de table il y a 1 heure et s’entend dire « Non, tu n’as pas faim ». Cet autre qui joue dehors et à qui sa mère ordonne de mettre un pull alors qu’il a chaud. Ou encore, celui-là qui se lève le matin et dit « Je suis fatigué » et s’entend répondre « Impossible, tu viens de te lever ». Qu’en savons-nous ? Sommes-nous à la place de cet enfant ? Pourquoi, nous-même réagissons-nous ainsi ? Nos émotions auraient-elles été niées également dans notre enfance ? C’est hélas bien souvent ce qui arrive et beaucoup d’adultes sont incapables de reconnaître leurs propres émotions qu’elles étouffent sous la cigarette, les anti-dépresseurs, l’alcool, etc….

En fait, l’être humain a hérité de 5 émotions à sa naissance, 5 outils formidables : la peine, la colère, l’envie, la peur, l’amour. La peur et l’amour sont la base de toutes les émotions, les trois autres découlant de ces deux-là nous dit-on. La seule émotion qui reste au final est l’amour. C’est en expérimentant les autres que nous n’aurons plus que celle-ci à vivre. Mal vivre l’une ou l’autre de ces émotions, ne nous permet pas d’y voir l’amour.

La peine librement exprimée peut être libérée. Autrement, elle se transforme en dépression chronique. Alors pleurons, laissons cette peine sortir lorsque nous en avons besoin et surtout laissons les enfants pleurer.

C’est grâce à la colère que nous pouvons dire « non ». C’est une attitude saine et il est normal de la ressentir. Ne pas avoir eu l’opportunité enfant d’exprimer simplement et sainement sa colère, ne permet pas de la dépasser. C’est pour cela que la période du « non » est capitale au cours de l’enfance.Si vous dites à l’enfant que la colère est mauvaise, plutôt que de l’aider à l’exprimer en tapant par exemple sur un oreiller, un putching-ball, ou tout simplement en le laissant s’exprimer par un « non », elle pourra, une fois devenu adulte, se transformer en rage.

L’envie devrait être compris comme se sentir en-vie de le vivre. Parce qu’il s’agit bien de cela se sentir en-vie de faire quelque chose. Grâce à l’envie, nous voulons faire quelque chose, imiter quelqu’un, fournir des efforts, nous dépasser. Laissez l’enfant avoir envie de faire comme vous, comme son grand-frère, sa grande-sœur, de vous imiter pour évoluer. L’envie se transforme en jalousie lorsqu’elle n’a pas pu être vécue.

Aujourd’hui, nous le savons. Tous les humains naissent avec seulement 2 peurs : celle de tomber et la peur des bruits forts. Toutes les autres sont créés, développées par l’entourage. La peur basique, naturelle permet de devenir prudent, en voulant se garder en vie. C’est un acte d’amour envers soi que de vouloir se protéger. Si au cours de l’enfance, cette peur naturelle n’est pas exprimée, elle se transformera en panique à l’âge adulte.

Quant à l’amour, il devrait être naturellement donné et ressenti par l’enfant. Sans gêne, sans retenue, sans chantage : « Si tu m’aimes, tu es sage ». Il n’y a pas de principes dans l’amour. C’est une joie, un partage. On ne gâte pas les enfants à « trop » les aimer et d’ailleurs on n’aime jamais trop car l’amour n’a pas de limites. Il serait temps de remplacer le mot « éducation » par le mot « amour ». Faisons en sorte que l’amour ne se transforme pas en possessivité à l’âge adulte.

Apprenons à vivre, nous servir de nos émotions pour évoluer et faisons de même avec les enfants.

 

Claudia Rizet-Blancher