Beaucoup d’entre nous connaissent les fins de mois difficiles, la maladie, les relations familiales conflictuelles, les licenciements, le RSA, le chômage, les décès, les accidents, les doutes, etc… Pourtant certains d’entre nous le vivent mieux, tout du moins savent faire face aux aléas de la vie avec, il semble, plus de sérénité. Et lorsqu’on se penche honnêtement sur ces cas-là, qu’on les observe, on prend vite conscience que ce n’est pas une histoire d’argent, de richesse matérielle, de cuillère en argent dans la bouche, ou autre, mais plus une question de discipline.

Toutes ces personnes ont en commun une discipline quotidienne à toute épreuve, cette discipline leur donne force et confiance : elles ne boivent pas, ne fument pas, tiennent leur intérieur propre, sont elles-mêmes propres et dignement habillées,  poussant même jusqu’à être « nickel » lorsque les turbulences de la vie sont trop fortes, sont encore plus présentes pour leurs enfants, fuient toutes addictions, sont mesurées dans leur sexualité, s’instruisent sans cesse, mesurent leur parole et leur pensée, etc… Ah c’est vrai ! Ça n’est pas glamour ! C’est tellement plus chic, d’après ce que l’on nous dit à la télé, de boire, de fumer, de se droguer, de cumuler les partenaires sexuels, de parler à tort et à travers, de dire ce que l’on pense haut et fort, de passer justement à la télé, d’être sexy (Ah ce mot galvaudé, dans toutes les bouches !), de porter les derniers vêtements à la mode, etc… Ouvrir un livre, vous n’y pensez pas, prendre un balai, vous m’avez bien vu, tourner ma langue sept fois dans ma bouche, pas encore né celui qui me fera taire…

Mais justement toute la différence est là : c’est parce que ces personnes n’ont pas peur d’affronter la réalité qu’elles peuvent la vivre plus sereinement. C’est se voiler la face et même de vivre encore plus difficilement les aléas de la vie que de se cacher derrière l’alcool, la drogue, la médisance, la négligence, la télé, etc…

La vie est exactement la même pour tous. Ce qui est différent, c’est tout simplement la façon dont nous acceptons de nous soumettre au réel. Pour certains le verre est à moitié vide, pour d’autres à moitié plein, et pour d’autres encore, le verre existe et il a tout bonnement le mérite d’exister. Ils décident de le remplir ou pas, mais ils décident et ce sont ceux-là même qui traversent autrement les aléas de la vie.

 

Claudia Rizet-Blancher
https://lesateliersdescarnets.wordpress.com/