Enfants, mon frère et moi, avions de longues discussions sur un de ses héros préférés : Robin des Bois. Je lui targuais, moralisatrice, que voler ce n’était pas bien, qu’il y avait des règles à suivre. Et il me répondait qu’il fallait voir au-delà des règles, des apparences. Robin des Bois ne volait pas pour lui, il volait pour nourrir d’autres, par souci de justice. J’avais 9/10 ans, il en avait 3 de moins que moi.

Devenus jeunes adultes, nous ne parlions plus de Robin des Bois mais de nos contemporains, de nos amis, de nous, nos addictions. Il avait, ce son côté, testé à plusieurs reprises la philosophie de Robin des Bois ; quant à moi, j’étais tiraillée entre les règles de vie, les valeurs morales et ce que l’on attendait de moi, la façon dont les autres me définissaient.

Aujourd’hui, nos conversations continuent même s’il est reparti dans Notre Demeure et nous revenons toujours à ce qui nous apparaît important : la bienveillance envers les autres, envers soi. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit à travers les actions, nos actions : le regard que nous posons sur tout cela.

Aucune doctrine, aucune valeur morale ne pourra jamais remplacer la bienveillance, cette disposition de l’esprit qui incline à la compréhension, l’indulgence envers les autres et envers soi. En effet, porter sur autrui un regard aimant, compréhensif, sans jugement, en souhaitant qu’il se sente bien, et en y veillant fait bien plus que tout ce que nous pourrions imaginer. Et cela Robin des Bois l’avait bien compris…

 

Claudia Rizet-Blancher
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